Eric Zemmour accusé d’agressions sexuelles par huit femmes (Mediapart)

Mediapart a recueilli et publié mardi dans une vidéo les témoignages de huit femmes accusant le candidat à la présidentielle Eric Zemmour de comportements inappropriés et d’agressions sexuelles pour des faits présumés, entre 1999 à 2019. Certaines s’expriment face caméra.

par
AFP / Belga
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«Il me prend avec ses mains, me bloque contre la paroi de l’ascenseur et m’embrasse de force», «Il me dit: ’vous allez me remercier autrement et en fait là il m’embrasse et me fourre sa langue dans ma bouche’», «Ça ne m’a jamais empêché de dormir mais ça fait 20 ans et j’y ai pensé tout le temps», «J’étais là et ce jour-là il s’est servi», ressort-il notamment de ces témoignages. «Pour moi, il n’est pas digne de cette fonction», ajoute l’une de ces femmes.

Devenue ingénieure, Claire raconte un bref stage, à 18 ans, au Figaro en 2002. Appelée pour aider l’éditorialiste sur un problème informatique, «je sens sa main dans mon dos qui fait des allers-retours de bas en haut», affirme-t-elle. Pascale Sauvage, une ancienne collègue d’Eric Zemmour au Figaro, rapporte en avoir parlé à l’ancien journaliste. «Je lui ai dit, tu touches pas à la stagiaire.» «Il me dit: ’Si maintenant on ne peut plus draguer les stagiaires. Les stagiaires, c’est quand même fait pour faire des pipes et du café’. Il m’a dit ça, je suis sûre», insiste-t-elle.

Parmi les autres témoignages, Gaëlle Lenfant, ancienne responsable aux droits des femmes du Parti socialiste (PS), accuse aussi l’ancien éditorialiste de l’avoir «embrassée de force» lors d’une université d’été du PS à La Rochelle au début des années 2000. Elle s’était exprimée le 24 avril 2021 sur Facebook à ce sujet. «Je me suis trouvée tellement sidérée que je n’ai rien pu faire d’autre que le repousser et m’enfuir en courant», relatait Gaëlle Lenfant.

Le 9 décembre 2021 sur France 2, interrogé sur les précédents articles de Mediapart, Eric Zemmour avait estimé ne «pas» avoir «à répondre. Je ne parle pas de ma vie privée, ces femmes-là m’accusent, sans aucune preuve, c’est parole contre parole».

Eric Zemmour n’a pas souhaité faire de commentaires auprès de Mediapart. «Mediapart veut faire un coup le jour de la journée (des droits, NDLR) de la femme en recyclant des témoignages déjà sortis l’an dernier. Minable à cinq semaines du premier tour», a commenté son entourage, à la suite de la vidéo d’une trentaine de minutes.

Aucune plainte n’a été annoncée, précise l’AFP.