Faut-il s’inquiéter du coronavirus NeoCov?

Après le cauchemar du SARS-CoV-2, celui du NeoCoV? Cet autre coronavirus inquiète les scientifiques chinois. À juste titre?

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Depuis quelques jours, un autre coronavirus suscite l’inquiétude chez certains scientifiques en Chine. Il s’appelle NeoCoV. Il n’est pas récent puisqu’il est connu depuis une dizaine d’années. Mais aujourd’hui, c’est son potentiel de mortalité et de propagation en cas de mutation qui inquiète certains chercheurs.

Une équipe de chercheurs chinois de l’université de Wuhan a tiré la sonette d’alarme mardi dernier en publiant les résultats préliminaires de leur étude sur ce coronavirus. Pour l’instant, NeoCov est seulement capable d’infecter et de se transmettre chez les animaux. Mais les chercheurs préviennent qu’une seule mutation de son génome pourrait lui permettre de pénétrer dans les cellules humaines.

Une menace pas nouvelle mais réelle

Eric Muraille, maître de Recherche au FRS-FNRS, a confirmé l’existence de ce virus et ses dangers. «NeoCoV est un virus avec, potentiellement, la mortalité du MERS-CoV (30%) et la contagiosité du SARS-CoV-2. De plus, ce virus serait suffisamment différent pour ne pas être reconnu par les anticorps neutralisant contre le SARS-CoV-2», a-t-il déclaré à la RTBF. Pour lui, le plus important de prendre conscience de l’existence de ces virus dans la nature. «Il y a dans la nature un nombre considérable de virus potentiellement dangereux. Plus nous envahirons les écosystèmes sauvages et plus nous seront en contact avec ces virus et plus la probabilité d’une adaptation à l’humain de ces virus augmentera. C’est une réelle menace. Mais qui n’est vraiment pas nouvelle».

Un virus qui rappelle le MERS-CoV

Le professeur Cyrille Cohen, directeur du laboratoire d’immunothérapie de l’université Bar-Ilan, a été interrogé par la chaîne d’info i24news sur le sujet. Tout d’abord, il a invité à ne pas paniquer au sujet de ce coronavirus. «C’est un variant qui a été détecté en Afrique du Sud dans les chauves-souris. Pour l’instant, il n’y a pas d’évidence qu’il est capable, tel qu’il est, de contaminer les populations humaines», rassure-t-il. Néanmoins, il a estimé qu’il fallait attendre d’avoir plus de données mais qu’il était capital de suivre ce virus. En effet, le NeoCoV lui rappelle le MERS-CoV, un nouveau virus respiratoire qui avait fait son apparition en 2012 en Arabie saoudite et qui avait un taux de mortalité de 30%. Ce qui est «énorme», estime le professeur.