Meurtre du petit Gino: le suspect avait déjà été condamné, il aurait fait ses premières victimes à l’âge de 12 ans
L’homme suspecté d’être impliqué dans la mort de Gino, l’enfant de 9 ans dont le corps a été retrouvé samedi matin à Geelen dans le Limbourg néerlandais, a déjà été condamné par le passé pour avoir abusé d’enfants.

En 2017, le tribunal de Maastricht a ainsi condamné Donny M., alors âgé de 17 ans, pour avoir menacé et agressé deux garçons et avoir abusé d’au moins l’un d’entre eux, a indiqué dimanche l’avocat de l’une des victimes après la parution d’informations dans la presse.
Les faits se seraient déroulés le 28 juin 2017 et en décembre 2017, le tribunal de Maastricht a condamné Donny M. à trois ans de placement avec sursis dans un centre de détention pour mineurs. Le jeune homme a également passé près de cinq mois en détention et a suivi un traitement dans une institution d’Eindhoven spécialisée dans les soins de santé mentale pour les jeunes.
«Mon fils aurait pu être tué»
Marja, la maman d’un des enfants agressés témoigne: «Il a attiré mon fils et son ami dans l’appartement où il habitait à l’époque», raconte-t-elle. L’homme aurait alors abusé d’un des garçons.
Six mois après sa condamnation, Donny était à nouveau libre: «C’est terrible. Je ne sais pas quoi faire de mon chagrin», dit elle en pensant à ce qui est arrivé au petit Gino. «Il aurait dû être puni plus sévèrement. Mais surtout, si mon fils et son ami ne s’étaient pas échappés, ils auraient pu être tués comme ce pauvre garçon. Cet homme ne doit jamais être libéré», raconte-t-elle au Nieuwsblad.
Son enfant, traumatisé, n’est plus scolarisé depuis quatre ans maintenant: «Il souffre de troubles anxieux et fait des crises de colère».
Des premières victimes à lâge de 12 ans
D’après les informations d’Het Laatste Nieuws, ces enfants ne seraient pas les premières victimes de Donny. Celui-ci aurait perpétré des abus dès ses 12 ans, dans la crèche que gérait sa mère d’accueil.
«J’ai déposé mon enfant dans cette crèche pour la première fois lorsqu’il avait trois mois», raconte la mère d’une des jeunes victimes présumées. «Quand j’allais le chercher, ses parties génitales étaient parfois irritées. Une enquête a été ouverte et Donny a avoué presque immédiatement». Selon elle, Donny aurait fait, à cette époque déjà, plusieurs victimes, filles et garçons de moins de quatre ans.
«Donny était trop jeune pour être puni», poursuit cette maman dans les colonnes d’HLN. «Tout le monde me déconseillait d’aller plus loin et d’entamer des démarches.» D’après elle, les parents d’accueil du jeune homme ont toujours nié. Néanmoins, sa mère a eu interdiction de gérer une crèche. «J’ai dû me consoler en me disant que sa mère d’accueil ne pouvait plus s’occuper d’enfants et que Donny ne pourrait donc plus faire de victimes», poursuit la femme qui, au vu des derniers événements tragiques, culpabilise «énormément»: «Et si j’avais été plus loin à l’époque? D’autres enfants auraient-ils été épargnés? Gino serait-il encore en vie?»
Déféré mardi
La police avait déjà précisé lors d’une conférence de presse samedi que le suspect était connu de la justice mais sans entrer dans les détails.
Le suspect vit près de la maison incendiée à Geleen où la police a retrouvé le corps du jeune garçon tôt samedi matin. L’emplacement a été désigné par le suspect qui avait été arrêté peu de temps auparavant.
Le jeune homme, maintenant âgé de 22 ans, sera déféré mardi. La justice le soupçonne d’enlèvement et d’implication dans la mort de Gino. Un juge d’instruction décidera alors de la prolongation ou non de son mandat d’arrêt.
En isolement, le suspect ne peut interagir qu’avec son avocat.