Un préavis de grève chez Ryanair: «Steward à temps plein, c’est entre 1200 et 1400 €»

Un préavis de grève à durée indéterminée a été introduit vendredi par la CNE auprès de la direction de Ryanair à Dublin au nom du personnel de cabine de la compagnie aérienne à bas coûts basée à Brussels Airport et Charleroi Airport.
«Trois ans après avoir enfin accepté par convention de respecter la législation belge, Ryanair continue à bafouer les droits de ses travailleurs. La coupe est pleine», explique le syndicat chrétien des employés.
«On est seulement payés pour les heures où on est dans les airs», témoigne auprès de la RTBF, Yvan, 47 ans et steward depuis 13 ans chez Ryanair. Autrement dit, l’embarquement, le débarquement et les retards ne comptent pas comme des heures de travail. «Le salaire moyen est entre 1200 et 1400 € pour un temps plein», ajoute le steward. Avec son ancienneté, son salaire devrait être de 1650 € net par mois. Mais… «comme la compagnie ne paie pas le brut complet chaque mois, on n’arrive jamais à 1600 euros nets», souligne-t-il.
Malgré ces salaires déjà bas, Ryanair a demandé à ses employés de «faire un effort» à cause de la pandémie de coronavirus. «Le salaire est déjà au minimum national. Comment réduire quelque chose qui est déjà au minimum garanti par la loi?», s’indigne Yvan.
Des situations telles que la sienne ne sont malheureusement pas des exceptions chez Ryanair. «Tous les jours, tout le temps, le personnel nous rapporte des infractions de la part de Ryanair qui ne respecte pas les règles. Ça épuise le personnel», note Didier Lebbe, secrétaire syndical CNE, qui assure que tous les moyens de négociation ont été utilisés. Il pointe notamment un grand manquement en l’absence d’un directeur des ressources humaines.
Si aucune proposition n’est transmise par la direction, les actions suivront, promet le syndicaliste. «On se coordonnera, dans le courant du mois d’avril, avec les Français qui ont aussi introduit un préavis de grève la semaine dernière. Mais il est clair que ça va faire tache d’huile et que le mouvement va s’étendre. Le secteur aérien européen va connaître des turbulences», assure-t-il encore. Les vols durant les vacances de Pâques ne devraient pas être impactés
Du côté des pilotes, les négociations sont en cours, mais «il y a beaucoup de chances que la paix sociale se rompe également», a conclu Didier Lebbe.