Est-ce que manger au restaurant est devenu un luxe ?

«Les gens l’oublient, mais aller au restaurant pour cinquante euros, ce n’est pas possible, c’est une époque révolue.", a récemment déclaré Peter Goossens. Une situation très difficile à vivre pour les clients qui se traduit par leur absence aux tables de leurs (anciens) restos’ préférés. Mais comment en est-on arrivé là au juste ? Metro vous explique.

par
S.M.
Temps de lecture 3 min.

Pour survivre après la terrible crise du Covid-19, bon nombre de restaurants ont été contraints d’augmenter leurs tarifs. Malheureusement, les clients ne sont pas toujours capables de suivre cette hausse de prix. Une des raisons ? L’inflation qui a administré un sacré coup au pouvoir d’achat des ménages belges...

Une augmentation des prix nécessaires

« La pandémie a beaucoup modifié les habitudes, et ça met beaucoup de temps à reprendre", a expliquéHubert de Bellefroid, vice-président de la Fondation Horeca à Moustique. "La clientèle peine à revenir. On est obligés d'augmenter nos prix, sinon nos marges sont négatives. Beaucoup de sociétés qui avaient déjà été malmenées par les différentes crises se retrouvent à risque, voire vont couler. C'est pour cette raison qu'on voit une recrudescence des faillites dans le secteur", achève-t-il.

En d’autres termes : les restaurants sont obligés d’élever leurs prix pour survivre. Et à cela s’ajoute l’inflation qui touche aussi bien les clients que les restaurateurs.

Un prix «juste»

D’après le vice-président de la Fondation Horeca :"On a calculé qu'il aurait fallu une hausse de 18-20% pour pallier l'inflation, la majorité des restaurants ont augmenté de 15%. Si ça semble déjà beaucoup, ce n'est pas proportionnel à l'augmentation de nos coûts."

"Il n'est pas question de culpabiliser les clients qui doivent aussi gérer leur baisse de pouvoir d'achat, mais il faut arrêter de dire qu'on est constamment en train de se faire arnaquer. Le prix est juste et, s'il est injuste, il est plutôt en défaveur des restaurateurs", déclare Elisabeth Debourse, rédactrice en chef du guide Fooding.

Que faut-il faire alors ?

Pour le vice-président de la Fondation Horeca : "Il faut baisser les charges des employeurs, que le brut des heures supplémentaires soit égal au net. On est face à une pénurie de main d'œuvre, et même si un employé veut faire 55 h par semaine, il est tout à fait impayable." Ce n’est pas tout : "À la sortie du Covid, la TVA a été baissée à 6%. Même si c'est une mesure temporaire qu'on sait pas viable sur le long terme, ça a vraiment été un bol d'oxygène pour le secteur. Seulement aujourd'hui, on est de retour à un modèle qui taxe à 21% les boissons, et 12% l'alimentaire. Il faut développer un aménagement logique, qu'une boisson de luxe comme le champagne soit taxée à 21, d'accord, mais de l'eau ? Cela doit changer, surtout quand on sait que les grandes surfaces peuvent acheter de l'eau à 6%."

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