Se laisser vivre le temps d’un long week-end dans la nature préservée du Perche

Le boulot vous épuise et vous ne souhaitez qu’une seule chose: vous ressourcer dans un endroit calme, au milieu de la nature, le temps d’un long week-end? Le Perche vous tend les bras.

par
Marie Bruyaux
Temps de lecture 7 min.

À 5 heures de Bruxelles, il existe une région que l’on connaît très peu: le Perche. Elle se situe en partie dans le département de l’Orne, dans le sud de la Normandie. C’est un endroit où la nature a été préservée, tout comme le patrimoine bâti. Au printemps, le spectacle est d’autant plus magnifique. On roule au milieu des prairies jonchées de fleurs des champs et parsemées de pommiers tout en serpentant le long des cours d’eau et des étangs. Le décor de carte postale se remplit encore avec des chevaux percherons que l’on observe brouter en silence. Puis, au détour d’une rue, on aperçoit un vieux moulin à eau, un majestueux manoir ou une même une basilique sortie de nulle part. C’est ça le Perche, «une belle lecture de paysages», comme nous le décrit Carole Rauber, qui promeut le tourisme dans la région. «On freine pour voir ce qu’il y a ici et là». C’est une région où on se laisse vivre.

La pomme, du massage à la bouteille

Quoi de mieux pour entamer trois jours de détente qu’un bon massage? Mais attention, pas n’importe lequel! Le Spa Pom, situé dans le petit village pittoresque de Condeau, propose le soin Golden Delicious, un massage à l’aide de pochons chauds de marc de pomme. On est quand même en Normandie! L’odeur exquise vous prend les narines pendant que votre corps se relâche complètement grâce aux légères pressions des pochons qui vous enveloppent de douceur. Un moment suspendu! Nous sommes maintenant prêts à aborder notre week-end de retour aux sources dans de bonnes conditions.

La pomme, on la retrouve sous toutes ses formes en Normandie. Et bien sûr dans le cidre! On est allés voir du côté de Mahéru, dans le nord du Perche, comment on le fabriquait. Nous voici au domaine du Tertre, exploité par la même famille depuis six générations. Michel et Olivier Havard nous font visiter leurs installations avant de nous expliquer tout le processus d’élaboration. Autour de nous: 700 pommiers et 200 poiriers, avec de nombreuses variétés. Certains arbres ont plus de 150 ans! Tout est bio et produit avec le plus grand soin. Leur slogan: «Le cidre d’antan, la tradition au présent». Et cela se retrouve dans la dégustation. On commence par le cidre du Perche (AOP), qui offre un équilibre parfait entre le moelleux, l’acidité et l’amertume. Mais ce qui nous a le plus séduits, c’est le Poiré, que l’on ne connaissait pas du tout et qui est ici issu d’un mélange d’anciennes et de nouvelles variétés de poires. Le produit, qui demande encore plus de soins que le cidre, est d’une grande finesse et élégance. Il se marie évidemment très bien avec un camembert. Pour les amateurs de spiritueux, le domaine produit aussi un Calvados de 20 ans d’âge!

Une balade attelée inoubliable

Après cette belle mise en bouche, direction Bellême, une petite cité de caractère d’à peine 1.400 habitants où nous rejoignons Gérard Beauté et son acolyte Albane pour une balade attelée d’une heure et demie environ dans le village et aux alentours de la forêt de Bellême, composée de 2.400 hectares de chênes et de hêtres. Une activité très appréciée dans la région, surtout des familles avec jeunes enfants!

Nous faisons tout d’abord connaissance avec Chianti et Roxanne, les deux Percheronnes qui sont en train de se faire panser (brosser et nettoyer). Il faudra ensuite seulement les «garnir», c’est-à-dire placer les harnais sur les chevaux avant de les atteler. Toute la préparation, à laquelle on peut prendre part, dure environ une heure.Ensuite, c’est parti pour la balade! Durant tout le parcours, nous sommes enrobés par la nature pendant que Gérard nous transmet sa passion pour ses chevaux et pour l’histoire de son village: il connaît absolument tout! Le meneur nous explique quelles sont les trois couleurs caractéristiques du cheval percheron (blanc, noir et gris pommelé), comment la régente Blanche de Castille a fait le siège de Bellême ou encore quelles sont les meilleures boutiques du village. Nous buvons ses paroles en passant de la route aux charmants chemins creux tout en croisant le sourire et le regard émerveillé des passants.

La balade nous aura paru bien courte. Après le dégarnissage, c’est l’heure de la récompense pour les chevaux et d’un petit verre de cidre pour les passagers, breuvage que Gérard nous invite à déguster chez lui. Une rencontre comme on en fait peu et que nous ne sommes pas près d’oublier!

Des petites cités de caractère

Nous continuons notre route dans la région du Perche, qui est remplie de sentiers de randonnées à faire à pied, à vélo ou à cheval, mais aussi de petites cités de caractère, où le temps semble s’être arrêté. On y découvre de charmantes maisons traditionnelles, composées de pierres blanches, de différents sables et de chaux. C’est très agréable de flâner dans les ruelles, de rentrer dans les églises et d’observer les magnifiques points de vue sur la campagne.

À Mortagne-au-Perche, c’est jour de marché: les odeurs de poulet rôti et de fleurs vous chatouillent les narines. La spécialité de la région, c’est le boudin noir. On peut même le goûter sous forme de burger! On se balade entre les étals avant de passer devant les nombreuses boutiques d’objets de décoration vintage et d’antiquaires. Cela vaut la peine de passer la porte pour découvrir ces objets anciens et, qui sait, peut-être avoir un coup de cœur?

Dans la petite cité de La Perrière aussi, on peut chiner dans de véritables cabinets de curiosités, et même y manger (voir encadré)! Si ces boutiques sont aussi nombreuses, c’est grâce aux Parisiens qui viennent se mettre au vert dans le Perche. Ce tourisme proche anime les week-ends de la région et fait se développer la vente directe à la ferme. C’est du gagnant-gagnant!

Il est déjà l’heure de quitter la douceur de vivre de la région pour rentrer en Belgique mais avec un esprit plus léger et un corps reposé!

OÙ NOUS AVONS LOGÉ

Le Perche regorge de lieux formidables où dormir et manger. Nous avons passé deux nuits au Bistrot des Écuries, une vieille ferme complètement rénovée qui dispose de deux gîtes très confortables et décorés avec goût: un de deux personnes (où nous avons dormi) et un autre de six personnes adapté aux familles. La vue sur la campagne du Perche y est très reposante. Si vous avez de la chance, vous pourrez même observer des chevreuils à la lisière de la forêt au crépuscule. Ulrike, une Autrichienne économiste et œnologue de formation, est tombée sous le charme de la région. Après avoir ouvert un bar à vin, elle l’a vite transformé en restaurant tandis que les deux gîtes ont vu le jour récemment. Florence, la compagne d’Ulrike, est en cuisine. Elle a fait ses armes auprès du chef Alain Ducasse à Paris et cela se remarque dans l’assiette. Le restaurant propose une cuisine de terroir raffinée composée de produits pour la plupart bio ainsi qu’un large choix de vins. Une adresse à retenir autant pour l’accueil que pour la cuisine!

Le Bistrot des Écuries – La Grande Maison, 61110 Cour-Maugis-sur-Huisne

OÙ NOUS AVONS MANGÉ

La Verticale : Dans ce bar à vin, qui fait également cave à manger, Marie-Laure propose de bons petits plats originaux etAlex des vins naturels à tomber!

9 Place de la République, 61130 Bellême

Après l’école : Solange et Sergueï ont aménagé l’ancienne école du village pour en faire un bar-restaurant au cadre chaleureux et bon enfant qui nous a charmés par son authenticité et sa cuisine délicieuse.

3 Pl. Sainte-Julitte, 61130 Saint-Cyr-la-Rosière

La Maison d’Horbé : Dans ce lieu unique, entre restaurant, salon de thé et brocante, on mange des plats raffinés dans un cadre romantique et poétique.

La Grande Place – La Perrière, 61360 Belforêt-en-Perche

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